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Résumé :
Le droit moderne est-il devenu un instrument de destruction des repères sociaux et politiques ? Alors que l’instabilité législative et l’emphase des lois caractérisent notre époque, ce colloque propose de revenir aux sources du problème : un droit révolutionnaire qui, loin de stabiliser la cité, participe au désordre moral et institutionnel
Les facteurs qui expliquent le désordre politique, social et moral qui affecte la France et la plupart des pays d’Europe depuis longtemps déjà sont multiples : destruction de la religion ainsi que de la piété et des traditions, philosophie impuissante à penser le juste rapport de l’homme au monde et à ses semblables au sein de la cité, évolutions techniques non maîtrisées socialement, empire incontesté d’une conception matérialiste de la vie, tout semble avoir contribué à détruire les fondements mêmes de la sociabilité et de la civilisation. La conception et la pratique du droit n’échappent pas à ce constat. Le double phénomène de l’emphase législative et de l’instabilité juridique qui caractérise le rapport moderne aux lois constitue un signal clair. Quand saint Thomas affirmait qu’il ne fallait toucher aux lois qu’avec la plus grande prudence, les modernes n’ont eu de cesse de modifier ces lois et de les multiplier. Il y a là un symptôme qui témoigne d’un rapport renversé au droit qui est devenu l’instrument du changement de ces sociétés et de l’homme lui-même par le pouvoir qui en est le maître.
En ce sens, on peut dire que le droit moderne est de nature révolutionnaire. C’est cet aspect du problème que le présent colloque souhaite discuter et éclairer. Un vrai renouveau culturel et politique suppose une révision beaucoup plus profonde des règles mêmes du jeu social et politique, ainsi que de la perception de la vie en société au sein d’une communauté politique, et jusqu’à la nature du droit et des lois. Entrer dans cette dynamique suppose d’abord d’analyser le droit révolutionnaire dans ses fondements philosophiques et historiques. Incarné dans la forme politique de l’État, ce droit conduit de nos jours à une inflexion sensible de l’organisation étatique, en même temps qu’il devient un élément d’asservissement des peuples. Mais éclairer ce problème n’a de sens que si l’on s’efforce d’esquisser les voies d’une solution, ce qui suppose de repenser l’ordre institutionnel national et international à partir d’un autre paradigme juridique. Telles sont les pistes de réflexion que ce colloque se propose d’explorer
Programme
SAMEDI,6 JUIN 2026
Matin : Analyse du problème
Introduction
Qu'est ce que le droit révolutionnaire?
Le droit et l'ordre – le droit révolutionnaire est-il un instrument de subversion ?
Guilhem Golfin
Docteur en Philosophie -Institut Suger
Le droit en révolution : 1789-1799
Franck Bouscau
Professeur agrégé des Facultés de Droit
Le droit révolutionnaire et l'État
Philippe Pichot-Bravard
Maître de Conférence HDR à l’Université de Brest
L'état du droit dans le contexte post-modern
Nicolas Huten
Maître de conférences en droit public
Après-midi : Repenser le droit
Retourner à Ithaque : itinéraire pour retrouver la loi naturelle
Francesco Biuso
Docteur en Philosophie et chargé d’enseignement en histoire du droit –
Université Saint Quentin en Yvelines
Redessiner l'ordre juridique en fonction de la loi naturelle
Miguel Ayuso
Professeur de Droit constitutionnel – Université pontificale Comillas, Madrid
Président du Conseil d’Études Hispaniques Philippe II
Quelles formes institutionnelles pour incarner cet ordre ?
Frédéric Lozère
Agrégé de Lettres – Institut Suger
Le nouvel ordre juridique et le droit international
Pierre-Emmanuel Dupont
Chargé d’enseignement en droit international public à l’Institut Catholique de Vendée
Bilan et perspectives
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